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Douleurs

 
 
 

 Deux jours sur deux semaines

                  « Il n’y avait que le téléphone fixe qui passait et vers midi je l'ai entendu sonner. »            

         J'allais sur mes 13 ans et les vacances d'été venaient de débuter. J'étais pour deux semaines dans un chalet dans les Pyrénées, il n'y avait que le téléphone fixe qui passait et vers midi je l'ai entendu sonner. Ma mère a dit qu'elle répondait et elle m'a fait partir dans la pièce d’à côté. Je savais que ça allait mal entre mes parents car ils se disputaient beaucoup et souvent mon père ne rentrait pas à la maison. Pendant toute leur discussion téléphonique, j’entendais ma mère crier et pleurer et quand elle eut raccroché elle nous fit rentrer dans sa chambre ma sœur et moi. Elle pleurait et entre deux sanglots nous a dit que mon père la quittait et qu'il ne vivrait plus avec nous. Sur le moment j'étais choqué et je n’arrivais plus à réfléchir à quoi que ce soit. Ma sœur âgée de deux ans de moins que moi s'est mise à pleurer, ma mère l'a prise dans s'est bras et là, je me suis mis à pleurer toute les larmes de mon corps. Je suis sorti du chalet et j'ai couru me réfugier seul dans la cabane que j'avais construite avec mon père. Je suis resté là tout l’après-midi. Le soir nous en avons discuté ma mère, ma sœur et moi et nous n'en n'avons plus parlé de toutes les vacances.

Aujourd’hui dans mes heures perdues je m'imagine ce qui serait arrivé s’ils s'étaient aimés jusqu’au bout et ça me fait du bien.


L’instant d’après

« J’ai pris conscience des choses entre le moment où j’ai vu mon grand-père pour la dernière fois et le moment de sa mort»

         Il y a une période à l’adolescence où l’on prend conscience des choses. Pour m’expliquer j’ai choisi de raconter deux enterrements. Lors du premier j’avais huit ans. Je ne ressentais aucune tristesse à l’époque, en fait je crois que je ne comprenais pas vraiment ce qu’il se passait, la mort c’était encore abstrait pour moi. Je prenais les choses à la légère, un peu comme un enfant. C’est au moment du deuxième enterrement que j’ai compris, j’avais douze ans. J’ai pris conscience des choses entre le moment où j’ai vu mon grand père pour la dernière fois et le moment de sa mort. Je me souviens qu’au moment de lui dire au revoir il m’a dit : « je t’embrasse fort parce que ce n’est pas sûr que… » Il n’a pas terminé sa phrase. A ce moment, je n’étais pas encore conscient que je n’allais jamais le revoir, je l’ai embrassé et je suis parti comme d’habitude sans me poser de questions. Ce n’est qu’après l’annonce de sa mort que j’ai enfin compris : j’étais devenu mature en quelque sorte. C’était douloureux contrairement à l’époque ou ma grand-mère est morte. L’idée de mort était plus concrète, je comprenais enfin que je n’allais jamais les revoir, eux deux.


 

Les enfants

‘‘ Que les enfants sont méchants ! ’’

Avril 2007 - Cour de récréation.

J'ai du temps à perdre. C'est l'heure de la récréation, et je me retrouve tout seul. Alors je me mets à rêver : des chevaliers, des grandes aventures, des combats ! Mais après plusieurs semaines à essayer de passer le temps ainsi à chaque recréation, l'inspiration manque, c'est pire que les programmes culturels sur France 4.

Alors je trouve un autre sujet de réflexion. Je me dis "Que les enfants sont méchants !" et je suis heureux de ne pas faire partie de leur groupe minable et intolérant. Qu'ils doivent me détester pour m'exclure ainsi ! Que je suis heureux, alors, de ma hauteur, et de mon dédain !

Dommage que personne ne me haïsse vraiment. Je ne peux pas me mettre en colère, je ne peux m'attaquer à personne. J'aimerais pourtant. Il y a bien ces deux petits qui sont amusés à me bousculer deux ou trois fois, mais depuis que j'ai écrasé le goûter de l'un d'eux, ils ne viennent plus m'embêter. Dommage.

Mais je ne me sens pas seul, je n'ai besoin de personne ! Ils ne font pas attention à moi, eh bien, voilà encore une preuve de leur méchanceté, n'est-ce pas ? Moi aussi pourtant, je les méprise, je les regarde de haut, pourquoi ne s’intéressent-ils donc pas à moi ?

22 /05/2014


 

Statue figée dans le temps

« On dit que les jeunes de 12 à 17 ans, les « adolescents » sont souvent déstabilisés et ont besoin d’un soutien moral tel que la famille ou l’école. »

C’est quoi l’adolescence ? C’est avoir des amis et passer du bon temps avec eux ? Ou ne dépendre et vivre que pour ses parents ? Je me suis toujours posée un tas de questions qui ont uniquement des réponses déjà fixées. L’adolescence : C’est la tranche d’âge entre 12 et 17 ans. ». Je l’ai trop souvent entendue, cette phrase. Je vais raconter ce que je vis, et vous verrez, « adolescence » est un mot qui n’est pas dans mon lexique.

Depuis toujours, j’ai vécu à Maisons-Alfort en France. Mes parents sont tous les deux immigrés et ont très bien réussi dans ce pays. Du coup depuis toute petite, ils ont porté beaucoup d’espoir sur ma sœur aînée et moi. Comme la plupart des enfants, je suis allée à l’école cinq jours sur sept et j’ai été obligée de me séparer de mes parents pour côtoyer d’autres enfants de mon âge.

Tout cela paraît « normal » puisque des millions d’enfants ont suivi cette route, mais si je rajoute certains détails, tout le récit deviendra différent. En grande section de maternelle, ma mère m’apprend à lire, à écrire et à compter en me disant que cela faciliterait mes prochaines années pour que je ne « patauge » pas comme ma sœur. Elle me mit ensuite en tête, les années qui suivirent, qu’il fallait que j’obtienne mon Brevet avec la mention Très Bien, que j’aille en Première Scientifique, puis que je prenne la spécialité Mathématiques –ma mère a toujours rêvé d’être professeur de mathématiques, elle pouvait mais ne l’a pas fait- et pour mettre la cerise sur le gâteau, mes deux parents (oui, les deux pour une fois) rêvent que je devienne médecin ou que j’intègre une grande école (le rêve de tous les parents en gros). Ils m’ont donc fait étudier durant de longues heures chaque jour et m’ont poussée à atteindre la perfection. Les enseignants m’adoraient, mes parents, eux par contre ne m’ont jamais félicitée à chaque fois que je ramenais un A, un soleil ou un 10. Je n’ai presque jamais connu de câlin lorsque je ratais un devoir, ni même le goût du bonbon lorsque je réussissais quelque chose de difficile. Comme si je ne méritais rien.

En parallèle, plus les années passaient, moins mes amis, mes camarades de classe étaient agréables à mon égard. Le mot « intello » me tombait dessus, les soupirs d’exaspération soufflaient dans mon dos à chaque fois que je trouvais la bonne réponse ou que j’avais la meilleure note. Tout a réellement commencé en CM1. J’avais neuf ans et bientôt dix, au moment où la belle saison était déjà présente. J’avais encore les meilleures notes à chaque devoir, quelle que soit la matière (le sport est une exception). Alors que j’avais l’habitude de fréquenter quelqu’un, Félix (appelons- le ainsi), Bobby, la fille la plus influente de la classe, avec qui je m’entendais bien m’a empêché d’aller le voir. D’autres enfants l’avaient rejoint et un écho de « Ouais dégage ! » gronda à mes oreilles. Voir tout le monde se retourner contre moi m’a fait un choc. J’ai connu l’isolement, la sensation de n’avoir pas le droit de jouer à la balle américaine voire simplement d’observer un match. Mes parents ne savaient pas qu’on m’écartait à cause de ce qu’ils m’inculquaient ou même du sang qu’ils m’avaient transmis.

Une fois entrée au collège, je pensais que tout le monde avait mûri… Mais c’est faux. Tous les gens de mon entourage étaient comme les adolescents moqueurs et méprisants des films américains. Je n’arrivais pas à me faire de nouveaux amis pour remplacer tous ceux qui m’avaient déçue. J’étais « trop intello » pour eux et je ne connaissais rien sur les goûts actuels, comme en musique. J’ai vécu dans cette prison en n’ayant écouté que de la musique classique, à cause de mes parents. Quasiment tous les jeunes de mon âge écoutent de la musique américaine et en vantent les mérites. « De la vraie musique », disent-ils ! Par agacement de tout ce que j’entends, j’ai choisi de me rabattre sur la culture rivale, la culture nippone. Après, je me suis encore plus retrouvée dans la solitude. J’étais allée jusqu’à acheter des amis pour ne pas paraître trop seule : j’achetais à manger pour ces personnes, je portais leur sacs, je payais tout leur loisirs en croyant qu’ils étaient vraiment « pauvres »… Tout avec mes économies depuis la primaire… 180€ au total… Le prix à payer pour avoir des amis superficiels pour deux mois. Mes parents voulaient que je sois comme tout le monde, mais ce « tout le monde », il est beaucoup trop terrifiant.

A vrai dire, j’ai voulu essayer d’être comme les autres jeunes de mon âge, de profiter de la vie. J’ai donné alors comme argument à mes parents : « Je suis ado. ». J’avais onze ans. Ils éclatèrent de rire et me dirent que j’étais trop jeune. A douze ans, ce fut le même cirque, tout comme à treize, puis quatorze ans. Comme objection, ils me dirent : « Arrête de penser ainsi ! Le collège est décisif pour ton orientation, tu n’as plus le temps de t’amuser ! Il fallait le faire en primaire ! ». Justement, en primaire, j’ai passé ma vie à étudier contre mon gré. Alors… Quand m’amuser ? A chaque fois qu’un ami voulait m’inviter quelque part, même si j’avais fini tout mon travail, ma mère trouvait une excuse bidon pour m’en empêcher. J’essayais de dire que c’est faux, mais à chaque fois on me réduisait au silence par la violence comme depuis toujours. J’aurais très bien pu demander de l’aide ou m’enfuir, mais je risquais pire. A chaque fois, on m’amadouait pour que je reste docile en m’offrant quelques cadeaux. Tous mes mérites tels que tous les concours de violon que j’ai remporté haut la main, tous les concours de dessins auxquels on m’avait défendue de participer mais que j’ai gagnés, tous les prix d’études que j’ai reçu tels que l’AMOPA ou en me classant 2nde de tout le collège au Big Challenge en étudiant seule, on ne m’a jamais félicitée ou récompensée. Tout ce que j’ai fait pour entendre un simple « Oh bah de toute façon, c’est grâce à moi. » de ma mère et l’entendre vanter mes mérites auprès des autres mères, c’est comme être une bête de foire maltraitée, durement entraînée pour être présentée au grand public, et dont on félicite le maître. A chaque fois que je ratais quelque chose, on me punissait et on me traitait d’imbécile parce que selon mes parents, c’est seulement grâce à eux si je ne suis pas stupide par rapport aux autres.

       Comme je suis toujours sous l’emprise de mes parents, les autres élèves me voient comme une « fille à maman ». J’ai souvent été victime de ces discriminations en plus de celles dues à mes origines. Dans de nombreux livres, on dit que les jeunes de 12 à 17 ans, les « adolescents » sont souvent déstabilisés et ont besoin d’un soutien moral tel que la famille ou l’école. Je n’ai ni l’un ni l’autre. Tout ta comme ma grande sœur, je vais devoir serre les dents pour pouvoir passer cette tranche d’âge. Elle a déjà essayé de se rebeller, mais elle a été privée de liberté d’expression et de vie privée par nos parents, tout comme moi d’ailleurs, qui ne peut plus rien cacher aux parents puisqu’ils fouillent tout le temps mes affaires et m’obligent à tout raconter (ils vont jusqu’à lire dans mon journal intime et fouiller ma table de chevet!). Je suis d’ailleurs privée de presque tout. Le lycée, souvent considéré comme les meilleures années, ne seront rien pour moi puisque « je devais m’amuser au collège ». N’avoir rien pu choisir dès mon plus jeune âge me jouera sûrement des tours plus tard, pour ne pas avoir vécu dans le même temps que les autres jeunes de ma génération, ainsi que de n’être qu’une statue figée dans le temps.

Le 17 avril 2014


 

Indifférence

« Ce qui nous révolta le plus, ce fut l’indifférence des gens »

Cela se passe il y a environ quatre ou cinq ans. J’étais en cinquième et ce qui devait être une séance photo à travers la ville pour un exposé d’allemand prit un tournant beaucoup moins joyeux. En effet alors que nous étions arrivés au terme de notre tour de la ville nous vîmes un groupe de jeunes s’approchant de nous avec un regard plutôt menaçant et nous comprimes rapidement ce qui allait se passer. Tous ces jeunes nous paraissaient à l’époque, immenses par rapport à nous qui n’avions pas plus de onze ou douze ans. Ils nous entourèrent et les deux plus âgés se dirigèrent vers nous en nous demandant de leur donner nos téléphones. A ce moment-là, nous n’avions pas encore de portables mais en nous fouillant ils trouvèrent l’iPod que je venais de recevoir quelques mois plus tôt pour Noël. Alors ils me le prirent et s’en allèrent nous laissant là, sous le choc, les regardant partir avec mon iPod. Ils avaient pris mon iPod mais qu’auraient-ils fait s’ils n’avaient rien trouvé ? Nous auraient-t-ils frappé ? Nous ne le saurons jamais. Mais je ne sais pas ce qui fut le pire … La tristesse de m’être fait voler ce bien que je venais d’avoir ou la culpabilité d’avoir emmené avec moi cet iPod alors que mon père m’avait averti de ne pas le prendre. Alors, à ce moment, ce qui nous révolta le plus, ce fut l’indifférence des gens. L’indifférence des passants qui nous regardaient nous faire agresser au milieu de la plus grande place de la ville mais aussi l’indifférence des policiers qui prirent notre déposition sans aucune conviction, eux qui n’avaient que faire d’une histoire aussi peu importante.

 


 

Le 7 juillet

« Une visite peu agréable a lieu : deux lieutenants de la police criminelle, […] et il faut parler, tout retracer de ce que j’ai vécu deux jours plus tôt, comme je le refais aujourd’hui. »

Ca y est… Tout est fini. Sur mon lit d’hôpital, le crane recousu, je me dis que l’enfer est terminé, que je suis enfin en sécurité. Je pleure, des milliers de questions fusent dans ma tête. La petite fille qui partage ma chambre me demande pourquoi je suis là. Je réponds simplement « ce n’est rien, je me suis ouvert la tête ». La fillette se fait opérer le lendemain, je ne la reverrai plus. Mon père arrive, tellement soulagé de me revoir qu’il ne retient plus ses larmes. C’est la seule fois où je l’ai vu pleurer. La nuit est longue, pleine d’insomnies et de cauchemars.

Le lendemain matin, on me change de chambre, je ne sais pas pourquoi … J’étais bien là, avec d’autres personnes. Ma nouvelle chambre ne possède qu’un lit et je suis à nouveau toute seule avec moi-même. Je me rends à des tonnes de rendez-vous, des radiographies, des psychologues, à qui je refuse de parler, un médecin légiste qui mesure mon moindre bleu ou écorchure. Je veux juste rentrer chez moi. On remplit des dossiers, je rentre dans ma chambre. Toujours la même monotonie de l’hôpital. On t’apporte un repas, tu ne manges rien. On te demande si tout va bien, tu réponds oui. On te laisse enfin et tu t’endors, exténuée.

Une visite peu agréable a lieu : deux lieutenants de la police criminelle. Elles sont gentilles et essayent de me mettre à l’aise. Malheureusement, elles ont un travail à effectuer et il faut parler, tout retracer de ce que j’ai vécu deux jours plus tôt, comme je le refais aujourd’hui. Je réponds maladroitement à leurs questions. Elles inscrivent le moindre mot que je prononce. Lorsque j’ai fini, elles repartent telles qu’elles sont venues. Je suis restée ainsi une semaine et je suis enfin rentrée chez mon père.

Voici ce qui s’est passé, une semaine plus tôt, le 7 juillet. La journée débute normalement, comme toutes les autres journées de vacances. Mon père est parti de son côté, je suis chez ma mère. Depuis plusieurs jours, elle est fatiguée. Pourtant, nous sortons plusieurs fois dans la journée pour promener le chien ou juste prendre l’air. Au bout de la cinquième sortie de la matinée, je commence à me poser des questions, car cela ne nous arrive jamais autant. A midi, elle me demande de faire à manger. Je m’exécute et m’explique cela par la fatigue. Une fois servie, elle ne mange pas et part se coucher. Quand elle se lève enfin, je regarde la télé. Il doit être environ 17h30. Elle ne me regarde pas, enferme mon chien dans le jardin et ferme les volets puis repart dans sa chambre. Encore une chose que je ne comprends pas. Je " libère " mon animal. Le temps passe. Cinq minutes, dix, trente, une heure. Elle est toujours seule. Lorsqu’elle arrive enfin, elle est pâle, reste au pas de la porte. Dans ses mains, un marteau et un couteau de cuisine. Je ne comprends pas. Elle se dirige vers mon chien et c’est là que tout commence vraiment. « Il fallait le laisser dehors ». Ces mots qui sortent de sa bouche sont froids, comme si son âme était partie de son corps. Elle lève le marteau, et frappe, en plein sur sa tête. Pour le protéger, je la retiens. Elle dit encore des propos incohérents et me demande de " choisir " entre les deux armes. Je reste sans réponse. Elle frappe, frappe et frappe à trois reprises. « Je suis désolée, c’est pour ton bien ». Je saigne. Mon tee-shirt est rouge écarlate. Je me reprends une dernière fois et essaye de lui prendre ce qu’elle tient. Elle résiste mais j'y parviens. A ce moment, je ne pense plus qu'à m'éloigner d'elle. J'ouvre la porte et je cours dans les couloirs de mon immeuble. Je monte dans les étages, sonne à toutes les portes mais il n'y a personne. Quelqu'un ouvre enfin, j'entre. C'est une vieille dame que je connais à peine. Je lui explique rapidement ce que je viens de vivre. Elle appelle la police, les pompiers. Ils arrivent tous rapidement, me questionnent et nous partons dans une ambulance. La suite vous la connaissez.

Ma mère a tenté de mettre fin à ses jours pendant cette journée, je ne m'en suis même pas aperçue. Savoir cela, c'est le pire sentiment d'abandon, plus rien ne sera pareil. Après les faits, elle s'est enfuie. La police a mis deux jours avant de la retrouver et de la faire interner en hôpital psychiatrique. Le verdict tombe. Elle est schizophrène et non responsable de ses actes. Heureusement car je n'aurais pas supporté de la savoir en prison. Malgré tout cela, je ne lui en veux pas. La vie est parfois cruelle et touche parfois les plus sensibles mais elle continue. Nous avons remis les compteurs à zéro et tout se reconstruit petit-à-petit, même si la peur est là, toujours ancrée au fond de moi...

Avril 2014

 


 

Racketté

« Et si nous n’avions rien eu à donner que se serait-il passé ? »

         En 5ème, pour un devoir d’allemand, avec un ami, on devait présenter notre ville et donc, prendre des photographie des monuments ou autres. Pendant que l’on prenait des photos un groupe de jeunes, il devait être une dizaine, (entre dix et vingt ans) nous ont accostés et entourés. A ce moment-là, j’ai eu une des plus grosses peurs de ma vie. Ils nous ont demandé nos téléphones et nous ont fouillés pour être sûrs que nous ne mentions pas. Je n’avais qu’une envie c’était qu’ils prennent ce qu’ils voulaient mais qu’ils me laissent tranquille. Le plus âgé de la bande a pris l’Ipod de mon ami et ensuite ils se sont enfuis dans le métro...

         Après cet événement, je me suis posé beaucoup de questions : Pourquoi les passants autour de nous ne nous ont pas défendus ? Pourquoi n’ont-ils simplement pas demandé si tout allait bien ?

         Après avoir tout raconté à mes parents, ils se sont inquiétés bien sûr, mais m’ont dit qu’il fallait se calmer, que ces choses-là arrivaient à beaucoup de personnes et, que ce n’était pas si dramatique.

         Moi, j’étais marqué, et je n’ai pas réussi à dédramatiser, je ne comprenais pas mes parents. Je me suis posé encore beaucoup de questions : et si nous n’avions rien eu à donner, que se serait-il passé ? Nous auraient-ils frappés ? Ces questions m’ont longtemps angoissé, j’avais toujours peur que cela recommence. Le racket peut passer inaperçu ou habituel, mais quand on le vit une fois on s’en souvient longtemps et moi ça m’a beaucoup marqué. Au-delà de l’objet, c’est aussi la confiance en moi et la confiance en les autres que l’on m’a dérobée.


 

Une douleur

« Je me souviens du regard incompréhensif de mon frère qui avait alors trois ans et qui ne comprenait pas pourquoi j’étais tous les jours en pleurs sur le canapé depuis quelques temps. »

         J’avais sept ans lorsque qu’au printemps 2005 la voiture de mes parents roulait sur l’autoroute en direction de l’hôpital. J’étais sur la plage arrière recroquevillée sur moi-même me tenant le ventre le visage crispé. Ça faisait environ deux semaines que je souffrais et que je n’allais plus à l’école. J’avais déjà vu plusieurs fois le médecin qui avait pensé tantôt une infection urinaire tantôt une grosse gastroentérite mais qui n’était jamais vraiment sûr de lui. Je me souviens qu’une dame venait tout les jours me faire des piqures dans les fesses (souvenir qui m’a fortement marquée car à cette époque j’avais encore la phobie des piqures). Au début mes parents n’étaient pas vraiment inquiets mais comme mes crises devenaient de plus en plus douloureuses ils ont commencé à se poser des questions. Je me souviens du regard incompréhensif de mon frère qui avait alors trois ans et qui ne comprenait pas pourquoi j’étais tous les jours en pleurs sur le canapé depuis quelques temps.

         Ce jour-là je souffrais tellement que mes parents ont pris la décision de m’emmener à l’hôpital demander conseil à un spécialiste. J’ai d’abord été prise en charge par une infirmière qui ne comprenait pas ce que j’avais puis par chance un chirurgien expérimenté passa dans le couloir et l’infirmière l’interpella pour lui demander conseil. Celui-ci s’approcha de moi, tâta le bas de mon ventre et déclara qu’il fallait immédiatement m’emmener en salle d’opération. De nombreux médecins débarquèrent avec leur masque et leur blouse et une dame me déclara que j’allais devoir faire « une petite sieste ». Elle me montra le masque dans lequel je devrais respirer, me proposa différents goûts (fraise, vanille, chocolat) et je m’endormis sans vraiment comprendre ce qu’il m’arrivait avec une légère odeur de chocolat dans les narines.

         Après l’opération je suis restée environ 10 jours à l’hôpital à regarder des dessins animés à longueur de journée. Chaque nuit une personne de ma famille restait dormir avec moi. Mon frère était ravi de venir me rendre visite de temps en temps car il y avait un petit manège dans le hall de l’hôpital où il passait la majeure partie du temps. Quand il a fallu partir, l’infirmière qui s’était occupée de moi m’offrit un masque d’anesthésie pour mon doudou.

         Aujourd’hui il me reste juste trois petites cicatrices et un appendice en moins comme souvenir de cette étape de ma vie qui à un jour près aurait pu m’être fatale.

 
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Règlement Intérieur

 

Reglement-intrieurLe règlement intérieur définit les règles de vie de la communauté scolaire que constitue le lycée Eugène Delacroix ; adopté par le conseil d’administration du lycée il s'impose à tous les membres de la communauté scolaire 

L'inscription d'un élève au lycée Eugène Delacroix soit par la famille, soit par lui même, s'il est majeur, vaut adhésion au règlement intérieur et engagement à le respecter.

Ce règlement intérieur tient compte des droits accordés aux lycéens et rappelle leurs obligations. Parmi ses objectifs d'éducation et de formation, le lycée a vocation à préparer les jeunes à devenir des citoyens avertis et des adultes responsables.

Pour consulter le règlement intérieur du Lycée Eugène Delacroix, cliquez ici.

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